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Doit-on laisser ses enfants devant des écrans? 1-TC

Pour répondre à cette question dans une société qui valorise le tout-écran, il convient de se référer aux études scientifiques qui analysent de manière rigoureuse les comportements des enfants et des adolescents en matière d’exposition aux écrans.

 

Dans cette optique, il nous semble utile de donner un aperçu de l’étude menée par les chercheurs  JEAN M. TWENGE et W. KEITH CAMPBELL  des universités de San Diego et de Géorgie, publiée en octobre 2018.

 

Cette étude a clairement établi un lien entre surexposition aux écrans et

  • troubles relationnels,
  • troubles de l’humeur et du comportement,
  • absence de curiosité et
  • problèmes de concentration des jeunes.

 

J. Twenge et W. K. Campbell ont travaillé à partir des données de la National Survey of Children’s Health (NSCH) portant sur plus de 44 000 familles ayant des enfants de 2 à 17 ans.

L’enquête de la National Survey of Children’s Health s’intéressait aux soins médicaux, aux problèmes affectifs et comportementaux et aux habitudes des jeunes, y compris à leur temps d’écran quotidien. J. Twenge et W. K. Campbell ont exclu les jeunes atteints d’autisme, de cécité, de surdité, de paralysie cérébrale et de retard de développement …, en raison de l’impact évident de ces problèmes sur le fonctionnement quotidien des enfants et adolescents concernés. Ils ont alors travaillé à partir de données concernant plus de 40 000 personnes.

 

                                                                                                                                                                           Photographie d’Alexandru Acea

Résultats (aperçu)

 

A l’issue de leur enquête, J. Twenge et W. K. Campbell ont mis en évidence le fait que les adolescents qui passent plus de 7 h/jour devant des écrans sont 2 fois plus exposés que ceux qui passent 1 heure devant des écrans à des problèmes d’anxiété ou de dépression. Assez logiquement, ceux qui utilisent des écrans 1h/jour connaissent un bien-être psychologique supérieur à ceux qui utilisent les écrans 4h/jour.

 

Ils ont établi une corrélation entre temps passé devant les écrans par les 11-13 ans et absence de curiosité intellectuelle :

  • ainsi 22,6% des jeunes passant plus de 7h/jour devant les écrans ne sont pas curieux, ou désireux d’apprendre de nouvelles choses,
  • contre 13,8% pour ceux qui passent 4h/jour devant des écrans (utilisateurs modérés).
  • et 9% pour ceux qui passent 1h/jour.

Ces chiffres peuvent varier selon la tranche d’âge analysée. De fait, la corrélation observée s’accentue considérablement chez les 14-17 ans.

 

Ils ont établi une corrélation entre énervement et temps d’exposition aux écrans: parmi les enfants d’âge préscolaire (2 à 5 ans aux USA), les grands utilisateurs d’écrans s’énervent 2 fois plus souvent que les autres et 46% d’entre eux n’arrivent pas à se calmer quand ils sont surexcités.

Ils ont établi une corrélation entre inaptitude à terminer une tâche entreprise et temps d’exposition aux écrans:

  • Parmi les adolescents âgés de 14 à 17 ans, 42,2% de ceux qui passent plus de 7h/jour devant les écrans ne terminent pas les tâches entreprises.
  • Ils sont 27,7% pour ceux qui passent 4h/jour devant un écran.
  • et plus que 16,6% pour ceux qui passent 1h/jour devant un écran.

 

J. Twenge et W. K. Campbell supposent que les adolescents sont particulièrement touchés par des troubles d’ordre psychologique dans la mesure où :

  • ils sont plus nombreux que les plus jeunes à être abonnés à des réseaux sociaux,
  • ils sont plus nombreux à posséder leur propre smartphone,

-ce qui accroît les risques de dépendance à Internet et aux jeux vidéo, ainsi que les risques d’utilisation problématique des réseaux sociaux,

-ce qui a un impact négatif sur leur temps de sommeil et la qualité de ce dernier.

  • De plus, les smartphones troublent les interactions sociales et atténuent ainsi l’impact positif qu’elles peuvent avoir sur les jeunes.

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Jean M. Twenge est professeur de psychologie à l’Université d’État de San Diego.

William Keith Campbell est professeur de psychologie sociale à l’Université de Géorgie.

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https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6214874/

https://www.sciencedaily.com/releases/2018/10/181029150931.htm

 

Pour un usage raisonné des réseaux sociaux

Un petit souvenir de professeur de terrain à l’heure des twitcontes, des twictées et des twitclasses:

Il y a quelques années, une élève de 5e, réservée et discrète, avait donné rendez-vous à un adulte rencontré sur Facebook. Ce dernier l’avait, entre autres choses, conduite à consulter des sites pornographiques. Elle devait fuir avec lui, son sac était fait, tout était prêt…

Les enfants sont naïfs et vulnérables. C’est principalement pour cette raison que l’école doit les protéger, les maintenir à distance des réseaux sociaux dont on connaît le potentiel de nuisance.

L’école doit-elle néanmoins aborder la question avec eux? Oui. Les mettre en garde contre ce type de péril ? Oui.

En tant que professeurs, il nous semble essentiel d’éduquer nos élèves à un usage raisonné et prudent des réseaux sociaux.

En tant que parents, en raison même de leur fragilité, nous ne souhaitons pas que nos enfants soient exposés aux réseaux sociaux dès leur plus jeune âge, ni qu’ils soient accoutumés à ne vivre leur relation à autrui qu’en passant par le prisme d’un écran.

 

Pour prolonger cette réflexion, l’@afpeah vous recommande la lecture de l’article d’Anaïs Moutot, paru dans « Les Échos », le 20 décembre 2017:

« L’addiction aux réseaux sociaux, un nouveau fléau de santé publique »

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301001502005-laddiction-aux-reseaux-sociaux-nouveau-fleau-de-sante-publique-2139642.php

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