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Archive de l’étiquette lycée

Colloque TOURNE TA PAGE Le Bonheur de Lire

Tourne ta page!

Le Bonheur de lire

Colloque de l’Afpeah

Samedi 12 Octobre 2019 (9h-18h00)

Mairie du XIXe, 5-7 Place Armand Carrel, 75019 Paris

Entrée libre

Inscription : contact.afpeah@gmail.com

Si 60% des jeunes Américains lisaient des livres à la fin des années 70, ils ne sont plus que 16% en 2016. En France, 65 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture. Rien d’étonnant dès lors à ce que les jeunes adultes (15-25 ans) ne placent la lecture qu’en 9e position parmi les activités qu’ils pratiquent quotidiennement.

Malgré ce constat, dans le cursus scolaire, comme dans le secteur associatif, éditorial, des parents, des professeurs, des écrivains croient encore en la nécessité de proposer aux enfants et aux adolescents des lectures de qualité. Nous montrerons dans ce colloque que si certains usages induisent échec et souffrance et engendrent donc des résistances, le plaisir de la lecture se conjugue à l’inverse très souvent avec la notion d’effort. Nous verrons qu’exigence, grands auteurs, humanités, connaissance de la mythologie gréco-latine nourrissent le bonheur de la lecture. Prix littéraires, clubs de lecture, lien lecture-écriture, retour de la méthode syllabique, rôle joué par la lecture dans la prévention des troubles de l’apprentissage, il existe bien un bonheur de lire auquel tous devraient pouvoir avoir accès.

Prix de l’Afpeah 2019-2020

Le Prix de l’Afpeah 2019-2020

récompensera une nouvelle

centrée sur

la figure du Minotaure

 

 ARTICLE 1: PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Le « Prix de l’Afpeah » entend valoriser l’écrit, la culture antique et tout particulièrement la mythologie ainsi que le genre littéraire de la nouvelle.

Chaque année, les participants devront imaginer une réécriture d’un mythe de l’Antiquité gréco-romaine.

Le mythe constituera une source d’inspiration dans laquelle les élèves pourront puiser à leur gré.

Leur réécriture s’ancrera dans l’univers narratif qui leur convient (Science-fiction, réalisme, fantastique).

Ils retiendront tout ou partie des éléments constitutifs du mythe.

 

Le concours est ouvert aux élèves de collège et de lycée.

Le texte doit être écrit en langue française, il ne doit pas comporter de fautes d’orthographe.

Le texte sera rédigé soit par un élève, soit par une classe entière (dans le cadre d’un projet collaboratif).

Le jury est composé de professionnels de la culture, de parents et de professeurs.

 

ARTICLE 2 : ENVOI DES NOUVELLES

Les nouvelles (une seule nouvelle inédite par auteur, jamais primée) devront être envoyées par mail, en fichier word

à PrixAfpeah@protonmail.com


ARTICLE 3 : CRITÈRES DE RECEVABILITÉ

Envoi des documents (récit, bulletin d’inscription et autorisation parentale), au plus tard, le 15 février 2020.

Nom et adresse de l’établissement scolaire :

Nom du professeur référent :

Présentation de l’auteur ou de la classe en 4 lignes :

Longueur de la nouvelle: 12 000 signes maximum (espaces compris).

Format: A4, Police Times New Roman, taille 12.

Thème imposé respecté (la FIGURE MYTHIQUE DU MINOTAURE, cette année).

Une seule nouvelle inédite par élève ou groupe classe.

Le non-respect de ces règles entraîne la non-recevabilité de l’inscription.

 

ARTICLE 4 : PRIX

Un chèque de 200 euros sera adressé à chaque lauréat ( un pour le niveau collège / un pour le niveau lycée),

avec publication des nouvelles sur le site de l’Afpeah, sans versement de droits d’auteur

et sans que l’auteur puisse invoquer cette publication à l’appui d’une quelconque revendication

quant à un dommage indirect qu’il subirait du fait de cette publication.

Le nom des lauréats et le titre de leur nouvelle seront annoncés sur le site de l’association, le 30 mai 2020.

Le jury se réserve le droit de ne délivrer aucun prix si les réécritures ne répondent pas à ses attentes.

 

ARTICLE 5 : DIVERS

Le jury décline toute responsabilité en cas d’envoi égaré ou reçu hors délai. Les délibérations du jury sont confidentielles et souveraines. Aucune contestation ne sera admise. Le fait de participer au concours implique l’acceptation de chacun des articles de ce règlement. Pour toute question concernant les modalités du concours, écrire à PrixAfpeah@protonmail.comLes membres du jury, leurs élèves et leur famille ne sont pas autorisés à participer.

PJ à fournir avec toute inscription: bulletin d’inscription et autorisation parentale (voir ci-dessous)

 

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NB (à destination des professeurs, membres du jury):

Prix Coup de coeur des collégiens / Prix Coup de coeur des lycéens

Les enseignants, membres du jury du Prix de l’AFPEAH,  se sont engagés à ne pas faire participer leurs élèves à ce travail de réécriture du mythe par souci d’impartialité.

Ils ont, en revanche, la possibilité d’impliquer leurs élèves dans ce concours national en leur proposant de participer à un jury de collégiens ou à un jury de lycéens.

Au terme d’une concertation, les élèves en question attribueront un Prix Coup de cœur des collégiens et un Prix Coup de cœur des lycéens aux textes qu’ils auront choisis. Un chèque de 25 euros sera transmis à ces lauréats. Les nouvelles retenues par les jurys d’élèves seront également publiées sur le site de l’AFPEAH.

           

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PJ n°1 : Bulletin d’inscription au prix de l’Afpeah

http://www.afpeah.fr/wp-content/uploads/2018/08/Bulletin-dinscription-au-Prix-de-lAfpeah.pdf

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PJ n°2 : Autorisation parentale pour les mineurs 

http://www.afpeah.fr/wp-content/uploads/2018/08/Autorisation-parentale-PDF.pdf

 

Prix « Coup de coeur des lycéens »

Une descente aux Enfers

 

 

« Tu es ma muse, ma dryade,

Ensemble nous vaincrons les tempêtes.

Notre amour est la plus belle des sérénades,

Et notre histoire est digne des plus grands poètes ! »

 

 

Très amoureux, Orphée et Eurydice avaient l’habitude de sortir en boîte le samedi.

Mais ce soir-là, le destin décida que leur bonheur avait assez duré.

Orphée passait du bon temps avec ses amis. Ils riaient, ils profitaient. Le jeune homme était convaincu que rien ne pourrait venir interrompre son bien-être.

Il se trompait. Dans un coin isolé, à l’abri des regards, le Mal s’emparait d’Eurydice. Long, fin, sans un bruit, le serpent planta ses crocs dans la veine de la jeune femme. À mesure que son poison se répandait dans son corps, elle se sentait sombrer dans un parfait bonheur, dont elle ne pourrait désormais plus se passer.

On était allé chercher Orphée pour l’avertir, mais il était déjà trop tard, Eurydice avait entamé sa descente aux Enfers. Quand le jeune homme arriva, il trouva sa bien-aimée, assise sur le carrelage crasseux, une seringue plantée dans l’avant-bras. Jamais il n’avait ressenti pareille peur. Mais elle était vivante, elle respirait encore ! Son cœur, gorgé d’héroïne comme une éponge, battait toujours et, sous ses paupières fermées, ses yeux palpitaient comme si elle faisait un mauvais rêve.

 

Les semaines passèrent. Orphée n’oubliait pas. Au début, ça n’avait pas eu l’air vraiment grave. Eurydice gobait quelques pilules de temps en temps, mais ça ne pouvait pas bien faire de mal. Comment résister à ce goût sucré de fruits et de caramel ? Puis, elle avait essayé de nouvelles drogues, parce que « c’était bien de varier les plaisirs ». Elle promettait de rester sage et de ne jamais trop exagérer sur sa consommation mais, malgré toutes ses belles promesses, elle finit par tomber dans le besoin constant de sentir de la drogue lui couler dans les veines. Et cette passion, trop grande pour elle, finit par la consumer. Elle s’isolait à la cave et n’en remontait jamais. C’était devenu sa prison.

 

Orphée était inconsolable. Tous les soirs, il laissait échapper son chagrin en longs sanglots, seul avec ses souvenirs et le fantôme de son amour perdu. Il respirait la douce odeur d’Eurydice imprégnée dans les draps. Il l’aimait à mourir. Oui, c’est ça, il l’aimait à mourir. Mourir d’amour ou d’overdose, qu’importe ? Tout ce qui comptait était que son amour soit toujours vivant. Orphée, cependant, était dans une impasse : il n’en pouvait plus de vivre avec une toxicomane, mais comment pouvait-il oublier cette passion ardente ? La situation était devenue insoutenable pour le couple. Le jeune homme savait qu’elle souffrait autant que lui, et que toutes ces drogues l’entraîneraient de plus en plus vers le fond. Il fallait stopper cette descente aux Enfers, c’était devenu une question de vie ou de mort.

 

Alors, dans un élan héroïque, il descendit dans la pénombre de la cave, comme était descendu Ulysse aux Enfers. Là, tout n’était que désordre et chaos ! Dans la pièce régnaient une chaleur atroce et une odeur nauséabonde. L’ampoule nue, accrochée au plafond, faisait danser sur les murs des ombres inhumaines. Pareils à Cerbère, trois rats, cachés dans un coin, observaient fixement Orphée de leurs yeux luisants, comme prêts à lui bondir dessus pour l’entraîner dans les ténèbres. Assise par terre au milieu de cet obscur décor, Eurydice était en transe. Une seringue traînait à ses pieds, entre un petit tas d’herbe et une boîte remplie de poudre blanche…

 

Orphée s’approcha doucement. Le jeune homme regarda ce visage qu’il avait autrefois tant chéri, et ne le reconnut pas. Eurydice semblait avoir trente ans de plus. Ses traits, autrefois fins et doux, étaient maintenant remplacés par de vilaines rides. Sa peau était d’un blanc sale, et des taches sombres couraient sur son corps. Elle semblait baisser la tête honteusement, mais il vit quand même ses yeux. Leur bleu cristallin s’était teinté d’une sombre clarté, iris laiteux dans un regard ténébreux.

Et sa joie de vivre… Toute sa joie de vivre avait disparu, comme disparaît la neige au printemps.

En réalité, Orphée l’aurait cru morte s’il n’avait pas senti son souffle.

 

Orphée s’assit en face d’Eurydice et, quand elle plongea son regard dans le sien, il vit des larmes dévaler ses pommettes. Son cœur se serra dans sa poitrine. Par pitié … ou par amour ? Il passa une main sur la joue de la jeune femme et essuya avec son pouce ses yeux mouillés. Puis il la prit dans ses bras, et lui chuchota à l’oreille :

« Tu es ma muse, ma dryade,

Ensemble nous vaincrons les tempêtes.

Notre amour est la plus belle des sérénades,

Et notre histoire est digne des plus grands poètes ! 

Jamais je ne t’abandonnerai,

Entre tes mains tu tiens mon sort

Je ne peux vivre sans toi pour de vrai,

Et être loin de toi est pire que la mort. »

 

Alors, pour la première fois depuis des mois, le regard d’Eurydice s’illumina. Comme si enfin elle se souvenait de sa vie, comme si enfin elle se souvenait du bonheur.

Orphée la serra encore plus fort dans ses bras :

« Je te promets de ne jamais t’abandonner !

– Orphée … la voix d’Eurydice commença à trembler … Je veux m’en sortir ! Je veux recommencer à vivre avec toi, comme avant ! Je le veux, plus que tout au monde ! Mais je n’y arrive pas …! Je n’arrive pas à arrêter ! C’est trop dur ! C’est trop bon ! »

Orphée lui caressa doucement la joue :

« Eurydice …Tu es ce que j’ai de plus cher, tu es ma raison de vivre. Et rien n’est plus irremplaçable et plus triste à perdre que la raison de vivre. Nous allons nous en sortir. Nous sommes plus forts que le destin ! Nous allons vivre ! Vraiment ! Simplement ! ENSEMBLE !

-… Donne moi la force d’y arriver…! »

Il l’embrassa tendrement puis, en la prenant par la main, l’aida à se relever. Elle avait du mal à tenir debout, ses jambes avaient perdu l’habitude de marcher. Orphée l’accompagna jusqu’au pied de l’escalier mais, arrivée à celui-ci, Eurydice s’arrêta… Elle avait une condition…

« Plus jamais ! dit-elle. Je ne veux plus jamais retourner en soirée tant que je ne serais pas sûre d’avoir décroché ! »

Elle est courageuse, pensa Orphée. Elle a toujours été très courageuse.

Et il lui promit, sur tout l’amour qu’il avait pour elle, qu’il respecterait sa condition.

Eurydice sourit tristement. Puis Orphée la prit par le bras et ensemble ils remontèrent la pente.

 

Chaque jour qui passait l’éloignait un peu plus de l’enfer. Orphée retrouvait son Eurydice, joyeuse et pleine de vie comme autrefois ! Elle se libérait doucement de sa dépendance, retrouvait peu à peu sa vitalité. De cette épreuve, leur amour s’intensifia. Ensemble, ils se sentaient invincibles !

Pensant qu’elle était enfin sortie de ce sombre tunnel, Orphée emmena Eurydice en soirée…

Tout se passa bien jusqu’à ce qu’il la quitte des yeux.

Elle se retrouva face à son ancien dealer qui lui proposa de nouvelles sensations, une pilule inoffensive,  »juste pour essayer  ». À cet instant précis, tout bascula.

 

Orphée la retrouva à contre-cœur dans les toilettes. Adossée contre le mur. Il s’approcha d’elle. La prit dans ses bras. Il savait.

Elle le regarda en larmes.

« Tu m’avais promis… » lui dit-elle.

Puis elle posa sa tête sur son cœur. Et s’endormit à tout jamais…

 

Mia Gabriel

Lycée Condorcet, Belfort.

 

 

 

Prix littéraire de l’Afpeah (Lycée)

La Figure d’Eurydice#56

Il existait, dans un lieu et en un temps inconnus, un robot qui se nommait Orphée#84.

Je pense que le meilleur mot pour le décrire était… carré.

Comme tous les robots de son monde, Orphée#84 était carré. La tête, carrée. Les jambes, carrées. Même les boulons étaient carrés.

Mais ce n’était pas tout. En plus des robots, la verdure, les animaux, et les aliments l’étaient aussi. Si bien que depuis sa naissance, ce pauvre être mécanique n’avait pu admirer d’autres formes.

 

Orphée#84 possédait donc une apparence profondément basique.

Mais il avait une particularité intérieure qui le différenciait des autres. C’était le plus savant mathématicien de la région. Tous les théorèmes possibles à propos de la forme du carré et du cube, il les avait découverts, prouvés, et prouvés à nouveau.

Il maniait les chiffres à la perfection, et s’appropriait par cela un certain succès. Son nom était célèbre dans la région. On le citait dans les écoles, on parlait de lui dans toutes les discussions, on le saluait respectueusement quand on le croisait, si bien qu’il passait pour un robot de qualité, de pouvoir, et aussi de séduction.

En réalité, toutes les jeunes robotes du pays en pinçaient pour le mathématicien.

La manière qu’il avait de parler de calculs, d’additionner, de soustraire par le quotient des faces opposées, de multiplier par Pi, de diviser la somme des aires parallèles par la diagonale mise au cube, d’additionner la racine carrée de l’ensemble et de diviser à nouveau le tout par 8,52 leur faisait tourner la tête, et les rendait folles. Folles de lui.

Elles venaient souvent le voir, en groupe, et s’asseyaient à ses pieds, buvant ses paroles.

Il était tellement séduisant, avec ses calculs interminables, qu’elles en redemandaient à chaque fois.

Mais elles étaient toutes plus carrées les unes que les autres, et cela ennuyait profondément notre Orphée# 84.

Il en avait assez de ressasser les mêmes calculs et les mêmes théorèmes, et le soir, il s’endormait en rêvant de nouvelles formes.

 

Mais un jour, une nouvelle robote arriva dans les environs.

Et dès l’instant où Orphée#84 l’aperçut, il tomba fou amoureux : elle avait la tête triangulaire ! C’était trop beau pour notre robot, son rêve se réalisait enfin ! Il laissa tomber une larme de joie carrée, et s’élança vers la belle. C’était le coup de foudre incontesté.

Il lui adressa la parole en ces termes :

« Bonjour, nouvelle robote ! Par les côtés consécutivement parallèles d’un carré et par la perpendicularité de ses diagonales, je trouve que votre tête a une forme tellement exquise, qu’elle fait accélérer dangereusement mon cœur ! Au lieu de mes habituels 20 battements par minute, je les sens se multiplier par 4,56, et atterrir à un total inquiétant de 91,2 battements à la minute, sois un total d’1, 52 battement par seconde, contre les 0,333333333333333333333333 qui sont de coutume ! »

Ce n’était certainement pas la plus belle déclaration d’amour qu’on ait faite, mais cela sembla ravir la robote triangulaire, qui, aussitôt, demanda le mariage.

« J’accepte avec 3,5 racine carrée de Pi JOIE ! Je viens de créer une nouvelle idée ! Eurêka !

– Tu es tellement inventif ! J’en suis fascinée ! Embrasse moi, euh… Quel est ton nom ?

– Orphée#84, et vous, beauté ?

– Eurydice#56, mon fiancé ! »

Et sur ces joyeuses paroles, ils partirent organiser leur mariage.

 

Le lendemain, les festivités commencèrent. Eurydice#56 avait revêtu un voile blanc qui moulait parfaitement la triangularité exemplaire de son crâne.

Cependant, les jeunes robotes du village étaient terriblement jalouses de ce mariage, et, ne pouvant le supporter, elles organisèrent bientôt un stratagème pour éloigner à jamais la jeune mariée de leur mathématicien préféré.

Pendant que les invités s’attardaient à table, après avoir englouti la superbe pièce montée carrée, elles proposèrent à Eurydice#56 de venir avec elles, pour discuter entre filles.

Elle accepta de bon cœur. Mais à l’instant où elle ne fut plus sous le regard protecteur de son mari, les robotes lui lancèrent un serpent vert, constitué de petits carrés attachés entre eux.

Le serpent croqua dans la pauvre Eurydice#56, qui tomba instantanément, raide morte.

Les méchantes filles à têtes carrées, qui savaient où se trouvait l’unique charme de la mariée, lui arrachèrent la tête et l’emmenèrent avec elles comme un précieux butin.

 

Quand le pauvre Orphée#84 sortit et vit sa pauvre femme morte et sans tête, il fut tellement horrifié qu’il entreprit, sur-le-champ, de se rendre dans les enfers, où il irait retrouver sa tendre épouse et sa jolie tête triangulaire, qu’il n’avait même pas encore eu l’occasion d’analyser.

 

Le lendemain, il arriva sur les berges du Styx. Le fleuve ressemblait à une immense tache noire. Une odeur désagréable flottait sur les bords de l’eau. Il régnait un froid glacial et un silence effrayant.

Mais soudain, Orphée#84 entendit un bruit au loin. Une silhouette vague parut bientôt dans l’ombre des flots.

Terrifié, le robot carré était à deux doigts de s’enfuir en courant, mais il se remotiva, pour la gloire de ses théorèmes et l’avenir des mathématiques.

Bientôt, il fut rassuré. Enfin, légèrement rassuré. Ce n’était que Charon, le passeur, qui venait sur sa barque. Il était trapu et portait une grande cagoule qui voilait son visage.

« Il faut payer pour traverser, sinon, tu vas devoir errer sur les bords du fleuve pendant 100 ans. »

 

Zut ! Orphée#84 n’avait pas d’argent sur lui ! Pendant que Charon le regardait d’un air inquiétant, le robot, paniqué, cherchait quoi faire.

« Bon, je vais lui parler mathématiques, se dit-il. C’est la seule chose que je sais faire. »

Il s’assit alors au bord du fleuve et commença à expliquer au passeur les différentes propriétés du carré.

Au début, le sombre personnage avait l’air méfiant. Mais au fur et à mesure, il se prit d’intérêt pour la discussion, et, finalement, il laissa le robot grimper sur sa barque.

 

Quand ils arrivèrent au bout du fleuve, ils se saluèrent amicalement, et se quittèrent.

C’est alors qu’Orphée#84 tomba nez à nez avec un énorme chien à trois têtes.

C’était Cerbère ! Notre mathématicien l’imaginait moins horrible. De ses gueules béantes sortaient des quantités de salive rougeâtre et une haleine fétide.

Sa peau noire luisait et ressemblait à du cuir huileux. D’énormes veines y saillaient et semblaient prêtes à exploser.

Orphée#84 faillit renoncer, mais il avait du courage, et surtout, un immense amour pour la figure de sa fiancée.

Il entreprit donc de réaliser la même stratégie dont il avait usé pour Charon.

« Dites, savez-vous que la forme de ma tête se nomme le cube, et qu’elle comporte une quantité de propriétés géométriques ? Par exemple, prenez une face de ce cube. Si on relie les deux sommets opposés, on obtient une droite, que l’on nomme une diagonale. Or, dans un carré, il existe en tout deux diagonales : effectivement, il n’y a que deux paires de côtés opposés dans une face carrée. Si on trace ces deux diagonales, on se rendra compte qu’elles sont perpendiculaires entre elles, c’est-à-dire qu’elles se coupent en formant un angle de 90°, plus communément appelé angle droit. Et si vous mesurez à quelle longueur elles se croisent, vous constaterez que… »

Le robot s’arrêta net. Pendant qu’il était plongé dans son explication passionnante, un bruit avait retenti et l’avait tiré de ses pensées. On aurait dit… un ronflement.

Et c’était bien cela ! L’effroyable chien à trois têtes s’était endormi, et ronflait allègrement !

Le robot aurait certainement dû en être ravi, mais, au lieu de cela, il était indigné. Comment pouvait-on s’endormir devant des observations aussi pertinentes ? Devant l’exposé d’une matière aussi noble que les mathématiques ?

Il prenait cela comme une injure et une atteinte à sa discipline, et, c’est furieux qu’il pénétra dans les Enfers.

Il ne se donna même pas la peine d’observer l’effroyable paysage qui s’offrait à lui, et entra directement dans le palais infernal où se trouvaient Hadès et sa femme Perséphone.

 

Cependant, quand il arriva en face du dieu des ténèbres, il se calma instantanément.

« Ô grand Hadès, et Ô très haute Perséphone, je viens devant vous pour reprendre ma chère femme qui est morte injustement hier » dit-il en s’inclinant profondément.

Mais le roi des abîmes lui répondit avec dédain :

« Qu’espères-tu, stupide mortel ? Tu es tellement banal que cela m’ennuie. Je ne vois pas pourquoi je serais clément avec toi. D’ailleurs, comment as-tu fait pour passer avec Charon et survivre à Cerbère ? »

– J’ai exposé mes découvertes mathématiques, répondit-il simplement.

Hadès semblait ne pas savoir quoi répondre à une pareille désinvolture. Il se tourna vers sa femme, et ceux-ci discutèrent à messe basse, en lançant parfois de furtifs regards au robot.

Perséphone finit par prendre la parole.

« Quel est ton nom et quelle est celle que tu souhaites reprendre des Enfers ? »

– Mon nom est Orphée#84, et celui de ma femme, Eurydice#56.

– Très bien, reprit-elle. Tu as cinq minutes pour nous présenter le plus intéressant discours que tu te crois capable de faire, Orphée#84. »

Le robot prit une grande inspiration, puis, s’élança dans les cinq minutes les plus mathématiques de sa vie. Il y expliqua, montra et démontra les différentes propriétés du carré et du cube sous toutes ses faces et sous tous ses angles. Il calcula les aires, les périmètres et les volumes, devant les yeux ébahis des deux dieux infernaux.

 

Finalement, ils furent tous deux amplement satisfaits de ce discours, et accordèrent au mathématicien de repartir avec sa femme.

« À une condition, déclara Hadès. Tu ne devras pas adresser un seul regard à Eurydice#56 avant d’être sorti des ténèbres. »

Ayant accepté les termes de ce marché, l’être d’acier s’inclina et sortit.

 

« Je suis là ! C’est moi, ta chérie !

– Eurydice#56 ! s’exclama-t-il en lui tournant le dos. Et il fit un câlin au vide devant lui en criant qu’il l’adressait à sa jolie tête.

 

Tous deux partirent ensemble vers la sortie des Enfers. Le mari marchait devant, et tâchait de ne pas céder à la tentation de se retourner. Ils passèrent aux côtés de Cerbère sans incident et arrivèrent dans la barque de Charon.

Celui-ci était ravi de retrouver son ami, ils commencèrent à converser de leur sujet favori.

Mais soudainement, Orphée#84 perçut quelque chose qui flottait sur les eaux noires.
« Charon, pourrais-tu faire un détour à gauche ? Je vois un étrange objet, là-bas. »

Le passeur l’écouta et dévia sa barque. C’est alors que le robot découvrit la nature de la chose. C’était un ballon ! Un splendide ballon, parfaitement rond, qui flottait là, sur le Styx des Enfers !

Quelle euphorie ce fut pour le mathématicien ! Une nouvelle forme, parfaite, une forme sans sommet, ni arêtes, ni coin ! Il n’aurait jamais pu imaginer une beauté pareille.

Sans réfléchir, il se pencha vers la sphère pour l’attraper.

Hélas, il n’arriva pas à la saisir et déséquilibra entièrement la barque. Le passeur rattrapa tant bien que mal le tangage de son navire, avec ses rames.

 

Mais cela ne changea pas, la fatale position dans laquelle se retrouva le robot. Ayant roulé sur lui-même avec l’agitation de la barque, il se retrouva collé contre le derrière carré d’Eurydice#56.

Aussitôt, selon les paroles d’Hadès, la jeune robote disparut, et retourna aux enfers pour l’éternité. Le ballon flottant s’était volatilisé, lui aussi.

 

Et c’est ainsi que se termine la tragique histoire d’Orphée#84, le mathématicien qui n’eut jamais à étudier d’autres formes que le carré.

Elsa Malkoun,

Lycée Condorcet de Belfort 

Prix de l’Afpeah 2018-2019 (rappel)

Le Prix de l’Afpeah

récompensera une réécriture

du mythe d’Orphée et Eurydice 

Nous vous conseillons d’envoyer vos nouvelles un peu avant la date limite (25 janvier 2019)

 

Modalités :

http://www.afpeah.fr/2018/08/03/prix-de-lafpeah-2018-2019/

 

 

Nouveaux programmes du lycée (Communiqué)

Le français en seconde et en première, tronc commun

Points forts du programme

La disparition de la question sur corpus et de l’écrit d’invention aux exercices du bac est une très bonne chose. L’apparition d’un programme de grammaire exigeant, évalué au baccalauréat était nécessaire et permettra de renforcer la maîtrise de la langue des élèves. Le fait de privilégier une approche chronologique de la littérature, le retour à la dénomination claire et simple de « littérature d’idée », la possibilité de mener des analyses de textes linéaires, la mise en place du carnet de lecture personnel et une exigence accrue en termes de lectures obligatoires constituent des aspects positifs, à même de faire progresser les élèves en les amenant à s’investir davantage. Les objets d’étude proposés en seconde et en première semblent cohérents et devraient permettre d’installer une culture solide chez les élèves. Leur dénomination laisse aux professeurs une liberté intéressante, bridée en première par le programme d’œuvres imposées.

Points faibles du programme

Ce programme est exigeant et beaucoup plus lourd que les programmes actuels moins contraignants, qui permettent de s’adapter davantage aux réalités des classes. Aujourd’hui, nous devons traiter quatre objets d’étude et seuls l’étude de trois groupements de textes et de trois œuvres intégrales sont obligatoires.

Les nouveaux programmes prévoient d’imposer l’étude de quatre œuvres intégrales et de quatre prolongements (prolongement artistique ou groupement de textes), auxquels il conviendra d’ajouter les leçons et exercices de grammaire qui n’existent pas dans les programmes actuels, ainsi que le travail conséquent à mener sur le carnet personnel de l’élève.

On nous ajoute une œuvre intégrale, un groupement de textes, un programme de grammaire et la gestion d’un carnet personnel en plus de ce que nous faisons actuellement, sans nous offrir de temps supplémentaire. Nous n’y arriverons pas, c’est évident, et nous serons contraints de survoler le programme. 

En première, un programme d’œuvres obligatoires est très contraignant. Il nous empêche de nous adapter à nos classes, de proposer des œuvres en lien avec leur niveau, leurs problématiques, leurs goûts, leur actualité. Il nous bride et ne nous permet pas de faire étudier des œuvres qui nous passionnent… et nous rendent du coup passionnants ! Ce programme va pousser au bachotage et va créer un marché pour les éditeurs scolaires qui chaque année proposeront pléthore d’ouvrages qui rempliront leurs poches sans vraiment permettre une réflexion de fond pour les élèves.

Ce programme ambitieux ne nous semble malheureusement pas réalisable dans le volume horaire qui nous est imparti.

(photo @sharonmccutcheon)
Suggestions, pistes d’amélioration

Il nous faut au moins une heure hebdomadaire supplémentaire en seconde et en première pour mener à bien ce programme ambitieux. Deux heures hebdomadaires supplémentaires ne seraient pas superflues. Sans cette/ces heure(s), nous survolerons les œuvres et les notions, nous dégoûterons les élèves de la littérature, ils ne pourront acquérir ni les savoirs, ni les compétences nécessaires pour réussir les épreuves anticipées de français. La conséquence sera vraisemblablement que les consignes de correction du bac seront très peu exigeantes, afin que notre pays maintienne ses « 80% d’une classe d’âge bachelière ». Nous arriverons au résultat inverse que celui que ces programmes visent.

Cet horaire supplémentaire doit absolument être attribué à l’enseignement du français voire imposé, il ne peut dépendre du bon vouloir du chef d’établissement, dans le cadre d’une « enveloppe » aux contours flous, dont l’usage sera hasardeux.

Si le choix d’imposer un programme d’œuvres est maintenu, il faudrait que l’oral porte sur cette œuvre et que nous abandonnions le fonctionnement en « descriptifs ». Chaque élève serait susceptible de tomber sur n’importe quel extrait des œuvres étudiées, ce qui permettrait d’éviter les récitations de plans et de commentaires appris par cœur.

Allonger la durée de l’épreuve orale apparaît aussi comme une très mauvaise idée. Les oraux du bac sont très lourds à gérer, imposant aux professeurs de faire passer souvent plus de soixante-dix élèves. Il est rare que les élèves tiennent le temps imparti. Leur imposer un temps plus long allongera le temps de passage des oraux, l’acuité des professeurs sera émoussée et les élèves seront mis en difficulté par ce temps trop long.

La spécialité « Humanités, littérature et philosophie »

Points forts du programme 

La progression chronologique du programme est un point fort.

Points faibles du programme

Sans projet précis sur les modes d’évaluation finale de cette spécialité au bac et les attendus qu’ils recouvrent, il est très difficile d’imaginer comment travailler, qu’il s’agisse de l’écrit et de l’oral. Pour investir ce projet de spécialité et imaginer comment travailler, nous avons donc avant tout besoin d’en savoir plus sur les modalités d’évaluation finale pour l’écrit de janvier et le grand oral du mois de juin.

Remarquons pour finir, que curieusement intitulée « Humanités… », cette spécialité ne comprend pas les langues anciennes, auxquelles les membres de notre association sont particulièrement attachés.

Magali Gerard, pour l’Afpeah 

Lire au lycée: de la contrainte au plaisir

Magali Gerard est professeur agrégé de lettres modernes, elle enseigne au Lycée Jeanne d’Arc de Cessy-Gex.

 

Tourne ta page ! Le Bonheur de lire

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Le Bonheur de lire

Colloque de l’Afpeah

Samedi 8 décembre 2018 (9h-17h30)

Mairie du XIXe, 5-7 Place Armand Carrel, 75019 Paris

Entrée libre.

Inscription : @contact.afpeah@gmail.com

 

Si 60% des jeunes Américains lisaient des livres à la fin des années 70, ils ne sont plus que 16% en 2016. En France, 65 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture. Rien d’étonnant dès lors à ce que les jeunes adultes (15-25 ans) ne placent la lecture qu’en 9e position parmi les activités qu’ils pratiquent quotidiennement.

Malgré ce constat, dans le cursus scolaire, comme dans le secteur associatif, éditorial, des parents, des professeurs, des écrivains croient encore en la nécessité de proposer aux enfants et aux adolescents des lectures de qualité. Nous montrerons dans ce colloque que si certains usages induisent échec et souffrance et engendrent donc des résistances, le plaisir de la lecture se conjugue à l’inverse très souvent avec la notion d’effort. Nous verrons qu’exigence, grands auteurs, humanités, connaissance de la mythologie gréco-latine nourrissent le bonheur de la lecture. Prix littéraires, clubs de lecture, lien lecture-écriture, retour de la méthode syllabique, rôle joué par la lecture dans la prévention des troubles de l’apprentissage, il existe bien un bonheur de lire auquel tous devraient pouvoir avoir accès.

 

Intervenants:

 

  • Jean-Pierre Terrail, Sociologue, Professeur honoraire à l’Université de Versailles-Saint-Quentin. Il a notamment publié : Pour une école de l’exigence intellectuelle. Changer de paradigme pédagogiqueEnseigner efficacement la lecture(avec Jérôme Deauvieau et Janine Reichstadt)…« Lire au CP, politique et pédagogie. »

 

  • François Rastier, Sémanticien, Directeur de recherche au CNRS. Il a notamment publié : Apprendre pour transmettre. L’éducation contre l’idéologie managérialeCréer : Image, Langage, VirtuelFaire sens. De la cognition à la culture… « Pédagogie du défi et dette symbolique. »

 

  • Cécilia Suzzoni, Fondatrice et Présidente d’honneur de l’ALLE, (Association le Latin dans les Littératures Européennes), Professeur honoraire de chaire  supérieure ( grec /français ) au lycée Henri IV. Direction et codirection de Erasme dans le XXI ème siècleSans le latinLe Bon Air latin… « Lire le temps avec les Anciens. »

 

  • Annabelle Presa, Professeur certifié de lettres modernes. Annabelle Presa enseigne au Lycée français de Vienne (Autriche) depuis 2012 et depuis 1997 au sein du réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE). Elle est co-fondatrice du Prix des lycées français d’Europe avec Esther Bourasseau. « Lecteurs sans frontières. Création du Prix littéraire des lycées d’Europe. »

 

  • Laurence Pierson, Rééducatrice en écriture, Écriture Paris; co-auteur de manuels de français pour l’école primaire : Archilecture; auteur de Vive Lila, la petite féeVive Barnabé, le petit pirate…, ainsi que de la collection Mes Cahiers d’écriture« Apprendre à écrire pour apprendre à lire. »

 

  • Othmane Mheni, Professeur des écoles, Président de l’association Thalès Académie. Othmane Mheni enseigne à Mantes-La-Jolie. « La lecture en classe dédoublée en REP+ »

 

  • Magali Gérard, Professeur agrégé de lettres modernes. Magali Gérard enseigne au Lycée Jeanne d’Arc de Cessy-Gex. « Lire au lycée : de la contrainte au plaisir. »

 

  • Nathalie Cullell, Professeur agrégé de lettres modernes. Nathalie Cullell enseigne au collège Cerdanya de Bourg-Madame. « Lire-écrire : quand l’école de la bienveillance renonce à l’exigence. »

 

  • Muriel Strupiechonski, Professeur des écoles à la retraite, membre du GRIP, auteur de la méthode d’écriture lecture Mon CP avec Papyrus et de Ecrire Analyser au CE1« Comprendre comment… les élèves n’apprennent pas réellement à lire avec les actuelles méthodes dites mixtes toujours majoritaires dans les écoles ? »

 

  • Karine Auribault, Responsable plateforme biologie moléculaire, Hôpital Pompidou. « Le rôle de la lecture dans le parcours d’un scientifique. »

 

  • Béatrice Hermesdorf, Parent d’élèves, Administratrice AFPEAH, Auteur du blog « L’éducation en question ». « Lire, mais lire quoi? »

 

  • Samuel Cywie, Parent d’élèves, Président de la PEEP Paris (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). « Lire à l’école. Le point de vue du parent. »

 

  • Juliette Bertin et Clémantine Trinquesse, Orthophonistes, Association APOH (Association de Prévention en Orthophonie de l’Hérault). « Lire pour prévenir les troubles de l’apprentissage et l’illettrisme. »

 

Français : Parution des programmes de seconde et de première

http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/42/6/2de_Francais_Enseignement_commun_1024426.pdf?fbclid=IwAR278VccVpAqxf7GlpFEDZeuMLxgKoGcY3d7WwfTN9oB4EGRltydDeF-dmQ

http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/42/8/1e_Francais_Enseignement_commun_Voies_G_et_T_1024428.pdf?fbclid=IwAR2f0tnRmHWabjWVqhPhec-yLiVhojh_UsX-RkfL1GvrmuZj7REPdO39yqc

Réécriture du mythe d’Orphée et Eurydice, Prix de l’Afpeah

 

http://www.afpeah.fr/2018/08/03/prix-de-lafpeah-2018-2019/

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