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Archive de l’étiquette Lecture

Association SOL

Colloque de l’Afpeah – Lire, mais lire quoi?

Béatrice Hermesdorf s’intéressera aux types de lectures susceptibles d’être proposés aux jeunes. Que préconiser à une époque où nombre d’adolescents semblent se désintéresser de la lecture?

Vous pouvez consulter le Blog de Béatrice Hermesdorf en suivant le lien suivant :

https://educationenquestionblog.wordpress.com/

Colloque de l’Afpeah – Le Prix littéraire des lycées d’Europe

Lire au CP, politique et pédagogie, J.-P. Terrail

Tourne ta page ! Le Bonheur de lire

Tourne ta page!

Le Bonheur de lire

Colloque de l’Afpeah

Samedi 8 décembre 2018 (9h-17h30)

Mairie du XIXe, 5-7 Place Armand Carrel, 75019 Paris

Entrée libre.

Inscription : @contact.afpeah@gmail.com

 

Si 60% des jeunes Américains lisaient des livres à la fin des années 70, ils ne sont plus que 16% en 2016. En France, 65 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture. Rien d’étonnant dès lors à ce que les jeunes adultes (15-25 ans) ne placent la lecture qu’en 9e position parmi les activités qu’ils pratiquent quotidiennement.

Malgré ce constat, dans le cursus scolaire, comme dans le secteur associatif, éditorial, des parents, des professeurs, des écrivains croient encore en la nécessité de proposer aux enfants et aux adolescents des lectures de qualité. Nous montrerons dans ce colloque que si certains usages induisent échec et souffrance et engendrent donc des résistances, le plaisir de la lecture se conjugue à l’inverse très souvent avec la notion d’effort. Nous verrons qu’exigence, grands auteurs, humanités, connaissance de la mythologie gréco-latine nourrissent le bonheur de la lecture. Prix littéraires, clubs de lecture, lien lecture-écriture, retour de la méthode syllabique, rôle joué par la lecture dans la prévention des troubles de l’apprentissage, il existe bien un bonheur de lire auquel tous devraient pouvoir avoir accès.

 

Intervenants:

 

  • Jean-Pierre Terrail, Sociologue, Professeur honoraire à l’Université de Versailles-Saint-Quentin. Il a notamment publié : Pour une école de l’exigence intellectuelle. Changer de paradigme pédagogiqueEnseigner efficacement la lecture(avec Jérôme Deauvieau et Janine Reichstadt)…« Lire au CP, politique et pédagogie. »

 

  • François Rastier, Sémanticien, Directeur de recherche au CNRS. Il a notamment publié : Apprendre pour transmettre. L’éducation contre l’idéologie managérialeCréer : Image, Langage, VirtuelFaire sens. De la cognition à la culture… « Pédagogie du défi et dette symbolique. »

 

  • Cécilia Suzzoni, Fondatrice et Présidente d’honneur de l’ALLE, (Association le Latin dans les Littératures Européennes), Professeur honoraire de chaire  supérieure ( grec /français ) au lycée Henri IV. Direction et codirection de Erasme dans le XXI ème siècleSans le latinLe Bon Air latin… « Lire le temps avec les Anciens. »

 

  • Annabelle Presa, Professeur certifié de lettres modernes. Annabelle Presa enseigne au Lycée français de Vienne (Autriche) depuis 2012 et depuis 1997 au sein du réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE). Elle est co-fondatrice du Prix des lycées français d’Europe avec Esther Bourasseau. « Lecteurs sans frontières. Création du Prix littéraire des lycées d’Europe. »

 

  • Laurence Pierson, Rééducatrice en écriture, Écriture Paris; co-auteur de manuels de français pour l’école primaire : Archilecture; auteur de Vive Lila, la petite féeVive Barnabé, le petit pirate…, ainsi que de la collection Mes Cahiers d’écriture« Apprendre à écrire pour apprendre à lire. »

 

  • Othmane Mheni, Professeur des écoles, Président de l’association Thalès Académie. Othmane Mheni enseigne à Mantes-La-Jolie. « La lecture en classe dédoublée en REP+ »

 

  • Magali Gérard, Professeur agrégé de lettres modernes. Magali Gérard enseigne au Lycée Jeanne d’Arc de Cessy-Gex. « Lire au lycée : de la contrainte au plaisir. »

 

  • Nathalie Cullell, Professeur agrégé de lettres modernes. Nathalie Cullell enseigne au collège Cerdanya de Bourg-Madame. « Lire-écrire : quand l’école de la bienveillance renonce à l’exigence. »

 

  • Muriel Strupiechonski, Professeur des écoles à la retraite, membre du GRIP, auteur de la méthode d’écriture lecture Mon CP avec Papyrus et de Ecrire Analyser au CE1« Comprendre comment… les élèves n’apprennent pas réellement à lire avec les actuelles méthodes dites mixtes toujours majoritaires dans les écoles ? »

 

  • Karine Auribault, Responsable plateforme biologie moléculaire, Hôpital Pompidou. « Le rôle de la lecture dans le parcours d’un scientifique. »

 

  • Béatrice Hermesdorf, Parent d’élèves, Administratrice AFPEAH, Auteur du blog « L’éducation en question ». « Lire, mais lire quoi? »

 

  • Samuel Cywie, Parent d’élèves, Président de la PEEP Paris (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). « Lire à l’école. Le point de vue du parent. »

 

  • Juliette Bertin et Clémantine Trinquesse, Orthophonistes, Association APOH (Association de Prévention en Orthophonie de l’Hérault). « Lire pour prévenir les troubles de l’apprentissage et l’illettrisme. »

 

Lecture: les jeunes comprennent mieux ce qu’ils lisent sur un support papier

Malgré l’expansion rapide des appareils numériques en tant que supports de lecture, ordinateurs, tablettes et téléphones portables, les recherches indiquent qu’il peut exister des inconvénients liés au format numérique pour la compréhension de certains types de textes. 

 

« Don’t throw away your printed books: A meta-analysis on the effects of reading media on reading comprehension », cette étude récente constate que nous comprenons mieux quand nous lisons sur papier, en particulier dans des conditions temporelles limitées, et, contrairement à ce que nous pourrions penser intuitivement, cet écart est plus important encore chez les jeunes. Pour être clair, les nouvelles générations comprennent mieux que les générations antérieures ce qui figure sur papier que ce qui figure sur un écran. Cette tendance s’est d’ailleurs accrue depuis une vingtaine d’années.

 

 

Les auteurs de l’étude suggèrent que la lecture sur papier devrait être privilégiée par rapport à la lecture numérique. Ils sont conscients qu’il est impossible d’éviter les appareils numériques.

Cependant, ignorer l’évidence de l’infériorité de l’écran peut induire en erreur les décisions politiques et éducatives voire pire : empêcher les lecteurs de tirer pleinement parti de leurs capacités de compréhension lors de la lecture d’un texte et empêcher les enfants de développer ces compétences.

À une époque où les écrans entrent chaque jour davantage au sein des établissements scolaires, il n’est pas inutile de consulter l’étude en question.

 

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1747938X18300101

Thought Catalog

Lira-t-on encore demain?

 

Une étude américaine (Twenge, J. M., Martin, G. N., & Spitzberg, B. H. (2018, August 16). Trends in U.S. Adolescents’ Media Use, 1976–2016: The Rise of Digital Media, the Decline of TV, and the (Near) Demise of Print. Psychology of Popular Media Culture. ) portant sur des adolescents de 14 à 18 ans s’est intéressée à l’utilisation des médias chez les jeunes Américains de 1976 à 2016. Selon cette étude, il apparaît que les adolescents passent désormais 6 heures par jour sur les médias numériques (internet, jeux, réseaux sociaux, SMS). Cette surconsommation s’effectue notamment au détriment de la lecture.

60% lisaient des livres à la fin des années 70, ils ne sont plus que 16% en 2016.

http://psycnet.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fppm0000203

 

Réécritures indigentes

S’intéressant à la réécriture des Club des cinq d’Enid Blyton (passage du passé au présent, remplacement du « nous » par « on », modification de certains titres…), Jean-Michel Delacomptée (Notre Langue française, Fayard, 2018, 125) met en évidence l’érosion des descriptions dans les versions les plus récentes.

Il cite, par exemple, le passage suivant  qu’il compare à sa version de 2006 :

Edition de 1955:

« Puis, ce fut le matin du départ. Dans une atmosphère de bruyante allégresse, les élèves de Clairbois achevèrent de boucler et d’étiqueter leurs valises. On attendit ensuite l’arrivée des autocars qui devaient transporter les pensionnaires et leurs bagages à la gare. Les minutes semblaient interminables. Enfin, les lourds véhicules franchirent les grilles du parc et vinrent s’arrêter devant le perron de la pension. Ils furent pris d’assaut en quelques instants par les jeunes voyageuses impatientes. »

Edition de 2006:

« Arrive le matin du départ. Dans un brouhaha incessant, les élèves de Clairbois achèvent de boucler leurs valises avant de se précipiter dans les cars qui les emmèneront à la gare. »

******************

Les parents et les enseignants ne peuvent que déplorer une telle érosion des textes et des exigences. De fait, si on pousse cette logique à son terme, l’on ne gardera plus des récits que leur ossature factuelle.

 

En procédant ainsi, non seulement on enlève aux textes toute leur substance, mais, en plus, on empêche les élèves d’acquérir du vocabulaire, on les prive du plaisir de la lecture, de l’accès à la dimension esthétique de la langue.

On rend même la lecture impossible tant la description importe dans la mise en oeuvre du travail de l’imaginaire chez les élèves, surtout au collège lorsqu’ils sont assez grands pour être confrontés à des livres ne présentant plus les supports iconographiques auxquels les albums et les BD les avaient habitués.

 

 

T.D

Nous vous recommandons la lecture de l’essai de Jean-Michel Delacomptée https://www.fayard.fr/notre-langue-francaise-9782213705194
« Je suis en retard. Un professeur au pays des merveilles » a évoqué les réécritures du Club des Cinq sur son blog en 2011 , dans un article intitulé « Le Club des Cinq et la baisse de niveau » http://celeblog.over-blog.com/article-le-club-des-5-et-la-baisse-du-niveau-85677083.html
Nous remercions Pepe illustratrice scolaire de nous avoir autorisés à utiliser son dessin d’arrête de poisson https://pepeeillustratricesolaire.com/

Recommandation : La lecture chez les jeunes (15-25 ans) – Etude Ipsos, CNL

Extrait

« LES JEUNES ADULTES ET LA LECTURE

En 2018, les jeunes français de 15-25 ans lisent par plaisir et sur tous les supports

Mardi 19 juin 2018, le Centre national du livre a rendu publique son étude, confiée à Ipsos, sur les jeunes adultes (15-25 ans) français et les rapports qu’ils entretiennent vis à vis du livre et de la lecture. Dans le prolongement de ses précédentes études auprès des Français (+15 ans en 2015 et 2017 ; 7-19 ans en 2016), le CNL a souhaité mieux appréhender ce public
« jeunes adultes », qui brouille les pistes et cristallise l’attention du secteur de l’édition ces dernières années. Menée à l’échelon national, elle porte sur un échantillon de 1 500 personnes, âgées de 15 à 25 ans, interrogées en ligne du 20 avril au 17 mai 2018.


Cette étude a pour objectif de :

  • mesurer les pratiques de lecture spécifiques des 15-25 ans ;
  • comprendre leurs motivations ou leurs réticences à lire des livres
  • identifier les leviers qui les amènent à la lecture ou les inciteraient à y (re)venir.

Voici les principales conclusions à retenir :

  • Les jeunes adultes sont largement lecteurs, notamment par goût personnel dans le cadre de leurs loisirs, même si une majorité d’entre eux lit également dans le cadre scolaire, universitaire ou professionnel.
  • De fortes disparités existent entre jeunes adultes hommes et femmes, mais aussi selon le contexte familial. Les femmes lisent plus volontiers par goût personnel que les hommes : 3 livres de plus par an et 1h40 de plus par semaine. Les 15-25 ans dont les parents lisent régulièrement, pour eux-mêmes ou leurs enfants, sont nettement plus lecteurs que les autres.
  • Les multiples activités physiques ou digitales des 15-25 ans laissent une petite place quotidienne à la lecture. En moyenne, par semaine, les 15-25 ans pratiquent 9 activités et passent près de 15h sur Internet, prioritairement sur smartphone.
  • Si la lecture papier à domicile reste privilégiée, les 15-25 ans plébiscitent aussi d’autres façons de lire. 35% des jeunes adultes lisent des livres numériques, 13% écoutent des livres audio (majoritairement en faisant autre chose) et ils sont nombreux à lire dans les transports (41% des lecteurs loisirs).
  • Majoritairement lecteurs de romans, les 15-25 ans se montrent particulièrement éclectiques dans leurs choix.
    En matière de romans, le fantastique, la science-fiction et les romans policiers / thrillers ont leurs faveurs, mais ils sont également nombreux à lire des livres illustrés, notamment des mangas ou des BD. Leurs amis sont les principaux prescripteurs de lectures.


Pour Vincent Monadé, président du Centre national du livre, 
«Les jeunes adultes lisent, il faut s’en réjouir. Deux tendances se dégagent de cette étude : la lecture est un loisir pour les jeunes ; les catégories socio-professionnelles moins favorisées lisent moins, notre attention doit donc se porter sur ce public plus éloigné du livre. C’est notre ambition avec Partir en livre, la grande fête du livre pour la jeunesse.» »

http://www.centrenationaldulivre.fr/fichier/p_ressource/14842/ressource_fichier_fr_les.jeunes.adultes.et.la.lecture.2018.06.15.ra.sultats.da.tailla.s.ok.pdf

La maîtrise du lexique: un enjeu fondamental

Nous ne pouvons plus laisser nos élèves devant des portes fermées.

 

« Bourrage de crâne » et problèmes de vocabulaire

Alors que les détracteurs de l’instruction associent l’acquisition de connaissances à du « bourrage de crâne » et présentent Internet comme le remède à tous les maux, nous continuons à affirmer que la Toile ne constitue pas une panacée. Ne serait-ce que parce que les difficultés en vocabulaire de nos élèves leur portent préjudice quand ils font des recherches.

Rien d’étonnant à cela, car « lorsque nous lisons un texte inconnu, nous avons besoin de connaître le sens de 95% du vocabulaire pour le comprendre. » [Daisy Christodoulou: 7 contre-vérités sur l’éducation, La Librairie des écoles, 2018, 80]

Or nous constatons chaque jour que que nos élèves sont bien loin de maîtriser un tel stock lexical. Des mots très courants leur posent problème. Pour ne donner que quelques exemples, l’un d’entre nous s’est aperçu, ces derniers jours, qu’en 5e, certains de ses élèves ignoraient le sens des mots suivants : « invariable », « douanier », « introduire », « écume », « dé à coudre », « borgne », « funérailles »…

Au fil des lectures, nous devons bien faire ce terrible constat : les termes génériques suffisent désormais à désigner le monde qui entoure nos élèves, « fleur », « arbre », « oiseau »…

Une étude récente (Why Closing the Word Gap Matters: Oxford Language Report) montre que plus de 40% des élèves au Royaume-Uni ont un vocabulaire limité, ce qui les pénalise dans la compréhension des consignes, dans leur accès à la lecture et à l’écriture…

 

Nos sociétés contemporaines manquent-elles d’ambition?

En n’offrant pas aux élèves le moyen d’enrichir leur vocabulaire (c’est-à-dire en ne rendant pas au français ses heures perdues), nous invalidons leurs possibilités de comprendre le monde qui les entoure, nous compromettons leurs chances de s’y épanouir.

Et Internet dans tout ça?

Internet constitue-t-il un palliatif satisfaisant ? Non, car ainsi que le rappelle, E.D. Hirsch : « Il faut des connaissances pour acquérir des connaissances » [Cité par Daisy Christodoulou, 79].

Force est donc de constater que nos élèves les plus fragiles (de plus en plus nombreux) sont incapables de hiérarchiser les informations glanées sur la Toile, ne serait-ce que parce qu’ils ne les comprennent pas. Il s’avère, malheureusement, impossible d’accéder au savoir véhiculé par Internet sans disposer du minimum requis, sans pouvoir établir de lien entre les mots et leur signification.

 

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