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Archive de l’étiquette Humanités

Nouveaux programmes du lycée (Communiqué)

Le français en seconde et en première, tronc commun

Points forts du programme

La disparition de la question sur corpus et de l’écrit d’invention aux exercices du bac est une très bonne chose. L’apparition d’un programme de grammaire exigeant, évalué au baccalauréat était nécessaire et permettra de renforcer la maîtrise de la langue des élèves. Le fait de privilégier une approche chronologique de la littérature, le retour à la dénomination claire et simple de « littérature d’idée », la possibilité de mener des analyses de textes linéaires, la mise en place du carnet de lecture personnel et une exigence accrue en termes de lectures obligatoires constituent des aspects positifs, à même de faire progresser les élèves en les amenant à s’investir davantage. Les objets d’étude proposés en seconde et en première semblent cohérents et devraient permettre d’installer une culture solide chez les élèves. Leur dénomination laisse aux professeurs une liberté intéressante, bridée en première par le programme d’œuvres imposées.

Points faibles du programme

Ce programme est exigeant et beaucoup plus lourd que les programmes actuels moins contraignants, qui permettent de s’adapter davantage aux réalités des classes. Aujourd’hui, nous devons traiter quatre objets d’étude et seuls l’étude de trois groupements de textes et de trois œuvres intégrales sont obligatoires.

Les nouveaux programmes prévoient d’imposer l’étude de quatre œuvres intégrales et de quatre prolongements (prolongement artistique ou groupement de textes), auxquels il conviendra d’ajouter les leçons et exercices de grammaire qui n’existent pas dans les programmes actuels, ainsi que le travail conséquent à mener sur le carnet personnel de l’élève.

On nous ajoute une œuvre intégrale, un groupement de textes, un programme de grammaire et la gestion d’un carnet personnel en plus de ce que nous faisons actuellement, sans nous offrir de temps supplémentaire. Nous n’y arriverons pas, c’est évident, et nous serons contraints de survoler le programme. 

En première, un programme d’œuvres obligatoires est très contraignant. Il nous empêche de nous adapter à nos classes, de proposer des œuvres en lien avec leur niveau, leurs problématiques, leurs goûts, leur actualité. Il nous bride et ne nous permet pas de faire étudier des œuvres qui nous passionnent… et nous rendent du coup passionnants ! Ce programme va pousser au bachotage et va créer un marché pour les éditeurs scolaires qui chaque année proposeront pléthore d’ouvrages qui rempliront leurs poches sans vraiment permettre une réflexion de fond pour les élèves.

Ce programme ambitieux ne nous semble malheureusement pas réalisable dans le volume horaire qui nous est imparti.

(photo @sharonmccutcheon)
Suggestions, pistes d’amélioration

Il nous faut au moins une heure hebdomadaire supplémentaire en seconde et en première pour mener à bien ce programme ambitieux. Deux heures hebdomadaires supplémentaires ne seraient pas superflues. Sans cette/ces heure(s), nous survolerons les œuvres et les notions, nous dégoûterons les élèves de la littérature, ils ne pourront acquérir ni les savoirs, ni les compétences nécessaires pour réussir les épreuves anticipées de français. La conséquence sera vraisemblablement que les consignes de correction du bac seront très peu exigeantes, afin que notre pays maintienne ses « 80% d’une classe d’âge bachelière ». Nous arriverons au résultat inverse que celui que ces programmes visent.

Cet horaire supplémentaire doit absolument être attribué à l’enseignement du français voire imposé, il ne peut dépendre du bon vouloir du chef d’établissement, dans le cadre d’une « enveloppe » aux contours flous, dont l’usage sera hasardeux.

Si le choix d’imposer un programme d’œuvres est maintenu, il faudrait que l’oral porte sur cette œuvre et que nous abandonnions le fonctionnement en « descriptifs ». Chaque élève serait susceptible de tomber sur n’importe quel extrait des œuvres étudiées, ce qui permettrait d’éviter les récitations de plans et de commentaires appris par cœur.

Allonger la durée de l’épreuve orale apparaît aussi comme une très mauvaise idée. Les oraux du bac sont très lourds à gérer, imposant aux professeurs de faire passer souvent plus de soixante-dix élèves. Il est rare que les élèves tiennent le temps imparti. Leur imposer un temps plus long allongera le temps de passage des oraux, l’acuité des professeurs sera émoussée et les élèves seront mis en difficulté par ce temps trop long.

La spécialité « Humanités, littérature et philosophie »

Points forts du programme 

La progression chronologique du programme est un point fort.

Points faibles du programme

Sans projet précis sur les modes d’évaluation finale de cette spécialité au bac et les attendus qu’ils recouvrent, il est très difficile d’imaginer comment travailler, qu’il s’agisse de l’écrit et de l’oral. Pour investir ce projet de spécialité et imaginer comment travailler, nous avons donc avant tout besoin d’en savoir plus sur les modalités d’évaluation finale pour l’écrit de janvier et le grand oral du mois de juin.

Remarquons pour finir, que curieusement intitulée « Humanités… », cette spécialité ne comprend pas les langues anciennes, auxquelles les membres de notre association sont particulièrement attachés.

Magali Gerard, pour l’Afpeah 

Tourne ta page ! Le Bonheur de lire

Tourne ta page!

Le Bonheur de lire

Colloque de l’Afpeah

Samedi 8 décembre 2018 (9h-17h30)

Mairie du XIXe, 5-7 Place Armand Carrel, 75019 Paris

Entrée libre.

Inscription : @contact.afpeah@gmail.com

 

Si 60% des jeunes Américains lisaient des livres à la fin des années 70, ils ne sont plus que 16% en 2016. En France, 65 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture. Rien d’étonnant dès lors à ce que les jeunes adultes (15-25 ans) ne placent la lecture qu’en 9e position parmi les activités qu’ils pratiquent quotidiennement.

Malgré ce constat, dans le cursus scolaire, comme dans le secteur associatif, éditorial, des parents, des professeurs, des écrivains croient encore en la nécessité de proposer aux enfants et aux adolescents des lectures de qualité. Nous montrerons dans ce colloque que si certains usages induisent échec et souffrance et engendrent donc des résistances, le plaisir de la lecture se conjugue à l’inverse très souvent avec la notion d’effort. Nous verrons qu’exigence, grands auteurs, humanités, connaissance de la mythologie gréco-latine nourrissent le bonheur de la lecture. Prix littéraires, clubs de lecture, lien lecture-écriture, retour de la méthode syllabique, rôle joué par la lecture dans la prévention des troubles de l’apprentissage, il existe bien un bonheur de lire auquel tous devraient pouvoir avoir accès.

 

Intervenants:

 

  • Jean-Pierre Terrail, Sociologue, Professeur honoraire à l’Université de Versailles-Saint-Quentin. Il a notamment publié : Pour une école de l’exigence intellectuelle. Changer de paradigme pédagogiqueEnseigner efficacement la lecture(avec Jérôme Deauvieau et Janine Reichstadt)…« Lire au CP, politique et pédagogie. »

 

  • François Rastier, Sémanticien, Directeur de recherche au CNRS. Il a notamment publié : Apprendre pour transmettre. L’éducation contre l’idéologie managérialeCréer : Image, Langage, VirtuelFaire sens. De la cognition à la culture… « Pédagogie du défi et dette symbolique. »

 

  • Cécilia Suzzoni, Fondatrice et Présidente d’honneur de l’ALLE, (Association le Latin dans les Littératures Européennes), Professeur honoraire de chaire  supérieure ( grec /français ) au lycée Henri IV. Direction et codirection de Erasme dans le XXI ème siècleSans le latinLe Bon Air latin… « Lire le temps avec les Anciens. »

 

  • Annabelle Presa, Professeur certifié de lettres modernes. Annabelle Presa enseigne au Lycée français de Vienne (Autriche) depuis 2012 et depuis 1997 au sein du réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE). Elle est co-fondatrice du Prix des lycées français d’Europe avec Esther Bourasseau. « Lecteurs sans frontières. Création du Prix littéraire des lycées d’Europe. »

 

  • Laurence Pierson, Rééducatrice en écriture, Écriture Paris; co-auteur de manuels de français pour l’école primaire : Archilecture; auteur de Vive Lila, la petite féeVive Barnabé, le petit pirate…, ainsi que de la collection Mes Cahiers d’écriture« Apprendre à écrire pour apprendre à lire. »

 

  • Othmane Mheni, Professeur des écoles, Président de l’association Thalès Académie. Othmane Mheni enseigne à Mantes-La-Jolie. « La lecture en classe dédoublée en REP+ »

 

  • Magali Gérard, Professeur agrégé de lettres modernes. Magali Gérard enseigne au Lycée Jeanne d’Arc de Cessy-Gex. « Lire au lycée : de la contrainte au plaisir. »

 

  • Nathalie Cullell, Professeur agrégé de lettres modernes. Nathalie Cullell enseigne au collège Cerdanya de Bourg-Madame. « Lire-écrire : quand l’école de la bienveillance renonce à l’exigence. »

 

  • Muriel Strupiechonski, Professeur des écoles à la retraite, membre du GRIP, auteur de la méthode d’écriture lecture Mon CP avec Papyrus et de Ecrire Analyser au CE1« Comprendre comment… les élèves n’apprennent pas réellement à lire avec les actuelles méthodes dites mixtes toujours majoritaires dans les écoles ? »

 

  • Karine Auribault, Responsable plateforme biologie moléculaire, Hôpital Pompidou. « Le rôle de la lecture dans le parcours d’un scientifique. »

 

  • Béatrice Hermesdorf, Parent d’élèves, Administratrice AFPEAH, Auteur du blog « L’éducation en question ». « Lire, mais lire quoi? »

 

  • Samuel Cywie, Parent d’élèves, Président de la PEEP Paris (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). « Lire à l’école. Le point de vue du parent. »

 

  • Juliette Bertin et Clémantine Trinquesse, Orthophonistes, Association APOH (Association de Prévention en Orthophonie de l’Hérault). « Lire pour prévenir les troubles de l’apprentissage et l’illettrisme. »

 

Le Collège et l’Art en partage (recommandation)

Nous vous recommandons la journée d’études et de découverte : « Le Collège et l’Art en partage », organisée dans le cadre des Journées du Patrimoine au Quartier latin, le samedi 15 septembre 2018

Information transmise par Françoise Gomez :

Les Humanités au coeur de l’école

Nous vous recommandons le Rapport de Pascal Charvet et David Bauduin

(extraits)

« La culture antique, étendue sur plus de 2000 ans jusqu’à la Renaissance, s’est principalement développée dans les deux langues majeures de notre construction européenne, le latin et le grec: elle est le socle de notre modernité […] elle offre les clés de compréhension de la langue et de la pensée. »

« l’étude de la grammaire latine ou grecque […] donne [aux élèves] la réelle compréhension de la structure de la langue française et du discours. »

« le latin et le grec offrent un intérêt particulier: ils constituent les fondements de notre culture européenne. »

« Comme l’a clairement analysé Claude Lévi-Strauss, le relativisme devient un danger mortel, non pas lorsqu’une culture s’ouvre aux autres modèles culturels, mais lorsqu’elle n’a plus la connaissance minimale d’elle-même, celle qui lui permet précisément de reconnaître et d’accueillir l’altérité comme telle. »

http://cache.media.education.gouv.fr/file/Racine/49/4/Rapport_les_humanites_au_coeur_de_l_ecole_888494.pdf

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