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Prix « Coup de coeur des collégiens »

         Stéphane, le nouvel Orphée

 

 

Ce matin-là en classe, Madame Madipo, ma prof principale, nous avait parlé de notre devoir d’écriture de fin d’année. On devait rédiger un texte en rapport avec le mythe d’Orphée. Cette année, toutes les classes avaient un devoir en lien avec la mythologie ou le folklore d’une civilisation actuelle ou disparue, nous on était tombés sur la mythologie grecque. Les classes supérieures devaient écrire quelque chose sur les leprechauns, les lutins irlandais. Je trouvais qu’on avait eu de la chance d’avoir ce mythe-là : presque tout était déjà fait, il suffisait juste d’aller sur internet et de se servir, mais attention à ne pas se faire prendre par le « robot plagiat », un appareil installé dans le collège pour éviter que l’écriture de textes soit trop simple. Personnellement, je rédige moi-même mes textes, pas comme certains de mes soi-disant amis (qui ne sont amis avec moi que par intérêt) qui ne se donnaient même pas la peine de réfléchir un minimum au sujet. Comme d’habitude, nous avions un temps pour poser des questions sur l’œuvre. La première question venait de Coralie, ma meilleure amie (ma seule véritable amie à vrai dire), elle avait demandé à la prof:

« Pourquoi, quand Eurydice est morte, Orphée ne s’est-il pas donné la mort pour la retrouver, vu que tout le monde allait dans les Enfers, ils se seraient retrouvés sans condition ?

Notre prof avait répondu :

-Tout simplement parce qu’Eurydice aurait été aux Champs-Élysées alors qu’en se suicidant Orphée aurait atterri au Tartare, le lieu des âmes damnées. »

Martin, un camarade de classe, avait répliqué :

« Mon grand frère m’a dit un jour, quand j’étais petit, que les damnés pouvaient s’échapper du Tartare si Hadès les aimait bien. Là, Orphée aurait pu le charmer pour retrouver Eurydice ? »

La prof répondit qu’elle n’en avait jamais entendu parler mais qu’elle se renseignerait et qu’elle nous le dirait dans la semaine si cela pouvait nous aider pour nos récits.

 

En rentrant chez nous, Coralie et moi, nous décidâmes de faire la course, le dernier dans notre rue (nous sommes voisins) serait une poule mouillée. Elle commença à courir avant moi et me cria:

« Dépêche-toi de me rejoindre ! »

Elle regarda longuement la route, se mit en plein milieu et me répéta :

« Dépêche-toi de me rejoindre ! » Elle dit cela d’une manière angoissée tout en restant sur la route. Elle avait quelque chose de bizarre. Soudain, je vis une voiture qui fonçait sur elle à toute vitesse, elle ralentit au dernier moment, mais Coralie restait sur place et continuait à me faire signe de la rejoindre. On aurait dit qu’elle avait abandonné toute volonté, c’était la première fois que je la voyais ainsi. Je lui criai de se décaler. Elle me répondit, sur le même ton :

« Rejoins-moi ! »

Dans ma tête une seule pensée me venait : « ELLE VA MOURIR, SI ELLE RESTE LÀ. » Puis une autre pensée remplaça la précédente et me glaça : « ELLE SE SUICIDE ». Cette idée me paralysa.

L’impact me ramena à la réalité, tout cela n’avait pas duré plus de trente secondes mais cela m’avait semblé une éternité. Voir le corps au sol, inerte, sans vie de Coralie me fit vomir. Une part de moi me disait que j’aurais pu la sauver. L’autre lui en voulait d’avoir fait ça. Oui, pourquoi avait-elle fait ça ? Je repensais alors à ce qu’elle m’avait dit juste avant l’impact : « Rejoins-moi ». Ces deux mots envahissaient tout mon esprit, ces deux mots me firent dire qu’elle avait vu cette voiture et qu’elle s’était réellement suicidée. Je sortis de ma torpeur quand le conducteur de la voiture, qui roulait au-delà des limites légales, me demanda :

« Hé ! Petit, ça va ? La gamine au sol, c’est ton amie ? »

Je hochai doucement la tête avant d’éclater en sanglots. Je n’arrivais pas à détourner mes yeux du corps inerte de mon amie, tout en priant tous les dieux, de toutes les religions et mythes juste pour qu’ils sauvent ma seule et véritable amie. Soudain, je me dis que j’avais bien fait d’écouter lors de la formation aux Premiers Secours, alors que beaucoup avaient pensé que ce n’était pas nécessaire. Je commençai par demander à cet homme s’il avait appelé une ambulance, il me répondit que c’était la première chose qu’il avait faite. Immédiatement après, je courus vérifier son pouls. Miracle, elle respirait, mais sa jambe était brisée et la fracture provoquait une hémorragie. Je stoppai l’hémorragie en effectuant un garrot touniquet avec une branche. Je vérifiai à nouveau, elle respirait toujours. Je la plaçai alors en position latérale de sécurité et la couvris avec la couverture que m’avait apportée le chauffard.

Quelques minutes plus tard, une ambulance arriva enfin. Ils s’occupèrent de Coralie et me félicitèrent car j’avais bien réagi, et cela rapidement, ce qui augmentait ses chances de survie. Ils me demandèrent si je la connaissais et si je pouvais dire à ses parents qu’elle se trouverait à l’hôpital Sigmund Freud.

« Cet hôpital est à une vingtaine de minutes ! Pourquoi vous ne l’emmenez pas à l’hôpital Henri Laborit qui est à deux minutes ? demandai-je.

-L’hôpital Henri Laborit n’aura pas le matériel nécessaire pour la garder en vie. »

 

Quand l’ambulance s’en alla, je courus chez les parents de Coralie. Quand j’arrivai devant chez elle, j’entendis une dispute. Ils étaient en plein divorce et d’après Coralie, ils se disputaient pour tout. Je sonnais, silence pendant 1,2,3,4,5 secondes puis des bruits de pas arrivèrent du grand pavillon.

 

La porte s’ouvrit, c’était la mère de Coralie. Elle avait beaucoup changé en deux mois, depuis le début des disputes. Avant elle ressemblait énormément à Coralie, c’est-à-dire qu’elle était énergique, fière, têtue et toujours à la pointe de la mode. Aujourd’hui, elle paraissait épuisée, elle était mal habillée et ses yeux étaient bouffis comme si elle avait pleuré. Je la connaissais depuis que j’étais tout petit car ma mère et elles étaient de très bonnes amies. C’était grâce à cette amitié que j’avais fait la connaissance de Coralie.

« Bonjour Stéphane, comment vas-tu, où est Coralie ? Ah non, c’est vrai, elle m’a dit que vous feriez vos devoirs ensemble, avait-elle affirmé calmement en essayant de ne pas fondre en larmes. » Franchement, je ne savais pas comment lui apprendre que sa fille unique venait d’avoir un grave accident, à 13 ans à peine, et qu’elle risquait de perdre la vie. La seule réponse qu’elle obtint furent des balbutiements puis je me lançai enfin :

« Euh… En fait …Coralie a eu un….. Là je vis qu’elle avait compris, a eu un accident, elle est en route en ce moment même pour l’hôpital Sigmund Freud. »

 

La mère de Coralie resta bouche bée pendant cinq minutes, je pensai qu’elle essayait de digérer ce que je venais de lui dire, elle courut vers sa voiture et cria :

« Préviens mon mari ! » Sa demande me parut étrange car je me disais qu’ils avaient fini par se détester. Sa voiture était déjà au loin quand je partis prévenir le père de Coralie. Je lui exposai la situation et je lui demandai aussi de me tenir au courant car Coralie était ma meilleure amie. Je rentrai chez moi, la boule au ventre, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le pire. Pour me changer les idées, je commençais mon devoir sur Orphée mais je me rendis compte que ce que j’écrivais racontait que le jour de leur mariage Eurydice mourait écrasée par une voiture à notre époque et qu’Orphée remontait le temps pour essayer de la sauver mais il mourait alors avec elle. Tout cela faisait cinq pages entières, je pensais avoir une note excellente, à coup sûr.

 

Le lendemain, je sonnai chez Coralie pour prendre des nouvelles, je n’entendis pas de dispute, je me dis que c’était peut-être un bon signe. Le père de Coralie m’ouvrit, il avait le visage livide, sa voix paraissait extrêmement triste quand il me dit bonjour. Il m’annonça ensuite :

« Elle est partie. » Je compris immédiatement.

« Elle est partie dans l’ambulance, elle était presque arrivée mais son cœur a lâché. »

Il pleurait.

 

Je restais là, comme ça, sans savoir quoi dire, quoi faire quand je sentis une larme sur ma joue. J’essayai de stopper mes sanglots mais rien à faire. Comme il commençait à pleuvoir, je me dis que personne ne verrait que j’avais pleuré.

 

L’enterrement de Coralie devait avoir lieu une semaine après sa mort. J’y allai en pensant que je réussirais à passer à autre chose.

 

Sinon pour le devoir sur Orphée j’ai eu 20/20, ce qui m’a fait encore plus mal car pour ce récit, je m’étais inspiré de notre histoire avec quelques différences, mais quand même, j’avais l’impression d’avoir bafoué la mémoire de mon amie.

 

La cérémonie dura trois heures, c’était le premier enterrement auquel j’assistais, c’était encore plus sinistre que tout ce que j’avais vu dans ma vie. Une fois rentré chez moi, je déambulais tel un zombie. J’entrai dans la cuisine pour me faire un sandwich quand je me dis que tel Orphée qui avait rejoint Eurydice, je devais retrouver Coralie même sans voyage dans le temps. Je me demandais, couteau à la main, si c’était une bonne idée, je pesais le pour et le contre…

Raslane Nachid, 

Collège François Truffaut, Gonesse

Albums de jeunesse et production d’écrits

Nous vous recommandons le questionnaire suivant, initié dans le cadre d’un master 2.

https://www.askabox.fr/repondre.php?s=227471&r=SPUswXSukBgJ&fbclid=IwAR3qhxNEu0DK0Yn41xx5jd7Vttxh7On-OsRQybV1s4SwcMr2Ah5OXyX8ryQ

Deuxième rencontre nationale du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise

Le 14 octobre à Marseille se tiendra la deuxième rencontre nationale du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise.

Béatrice Hermesdorf, Administratice AFPEAH, interviendra lors de ce colloque.

 

 

Bridge International Academies

Nous sommes engagés depuis le 1er Août 2017 avec 174 organisations de la société civile du monde entier pour appeler les investisseurs de Bridge International Academies à cesser leur soutien à la plus grande entreprise d’écoles privées à dimension commerciale opérant dans les pays en voie de développement et soutenue par des donateurs et investisseurs internationaux.

« La surexposition des jeunes enfants aux écrans est un enjeu majeur de santé publique »

« La surexposition des jeunes enfants aux écrans est un enjeu majeur de santé publique »

Dans une tribune au « Monde », des médecins et professionnels alertent sur les graves troubles du comportement et de l’attention qu’ils observent de plus en plus chez les petits. Avec Anne Lefebvre, Présidente ALERTE et Administratrice de l’AFPEAH.

« Faut-il interdire les écrans aux enfants? »

Débat sur Sud Radio avec Edwige Antier, pédiatre, et Anne Lefebvre, psychologue clinicienne en pédopsychiatrie, Présidente Alerte et Administratrice de l’AFPEAH ; « Faut-il interdire les écrans aux enfants? ».

La différenciation pédagogique n’existe pas.

09/04/2017

Incroyable rapport du CNESCO qui prône la modération numérique et l’enseignement explicite et structuré pour favoriser la réussite pour tous.

Ce rapport a inspiré Béatrice Hermesdorf, parent d’élève: la différenciation pédagogique n’existe pas !

La différenciation pédagogique n’existe pas

Colloque (mars 2017)

Communications

Monsieur Alain  Morvan, ancien Recteur des académies de Clermont-Ferrand, Amiens et Lyon, Professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), n’a pu être parmi nous le 25 mars. Il a néanmoins tenu à manifester son soutien à notre jeune association et nous a fait l’honneur de nous confier le discours qu’il a rédigé. Celui-ci définit le contexte politique particulier dans lequel s’inscrit sa mobilisation en faveur des Humanités.

Cécilia Suzzoni, Fondatrice et Présidente d’honneur de l’ALLE, (Association le Latin dans les Littératures Européennes), Professeur honoraire de chaire  supérieure ( grec /français ) au lycée Henri IV, « Faire du latin une discipline d’avenir ».  Texte

Robert Delord, Président de l’association « Arrête ton Char ! », « Réforme du collège et LCA, après les effets d’annonce, la réalité du terrain ».

Françoise Bertrand, Présidente de l’ADEAF Paris .Texte. (En raison d’un problème technique, la vidéo n’est pas publiée.)

Hans Herth, Administrateur de la FAFA pour l’Europe, (Fédération des Associations Franco-Allemandes pour l’Europe), « Enseignement de l’allemand : l’offre scolaire et la demande sociale. Le rôle de la société civile ». Texte

Laurent Bornert, Président des EFA, (Échanges Franco-Allemands), « Le plurilinguisme : un enjeu pour l’École, un enjeu pour l’intégration sociale en Europe ».  Texte avec un développement sur le « plurilinguisme ou massification et uniformisation »

Mathilde Simon, Maître de conférences de latin  à l’École Normale Supérieure-Ulm, Paris. Vidéo de l’intervention.

Jack Lefebvre, Professeur d’histoire-géographie, membre du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise, « Europe et éducation : privatisation en cours de l’École ? ».  Texte

Rémi Candelier, Directeur d’école, membre du Manifeste pour la reconquête d’une école qui instruise, « Que faire face à l’effondrement scolaire ? ». Texte

Samuel Cywie, Président de la PEEP Paris, (Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public), « Pour une véritable mixité à l’École ». Texte

Karine Auribault, Parent d’élèves, Docteur en sciences, Vice-Présidente de l’association « Vivre à Montrouge« , « Ma langue, ma Patrie : d’une langue à l’autre.Histoire de transmissions et de rencontres« .

Fatiha Boudjahlat, Enseignante en collège, Secrétaire nationale du MRC à l’éducation, cofondatrice de l’association Viv(r)e la République, «Pour une École de l’exigence ».

Karine Mauvilly, Essayiste, ex-enseignante, co-auteure du Désastre de l’École numérique  avec Philippe Bihouix, « Numériser l’école : un choix pédagogique irrationnel ».

Yvette Aboukrat, Professeur des écoles, Rééducatrice en écriture à Créteil, « Pourquoi les enfants ne savent-ils plus écrire ? ».  Texte

Cécile Revéret, Professeur de lettres classiques, auteur de La Sagesse du professeur de français et d’un Précis d’analyse grammaticale et logique, membre du Grip, (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes), « L’Enseignement du français au collège ». Texte

Pascal Dupré, Professeur des écoles, coordonnateur du réseau d’écoles SLECC (Savoir Lire Ecrire Compter Calculer), co-auteur des manuels scolaires Compter-Calculer du CP au CM, membre du Grip, (Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes), « L’Enseignement des mathématiques en primaire ». Texte

 

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