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Category ArchiveÉcole inclusive

Inclusion, des progrès à faire !

L’Assemblée nationale a créé le mercredi 6 mars 2019 une Commission d’enquête sur l’inclusion des élèves handicapés dans l’école et l’université de la République, quatorze ans après la loi du 11 février 2005.
57 propositions de la Commission parlementaire figurent dans le rapport (aperçu) :
  • Augmentation du nombre d’enseignants référents afin de « viser un objectif de 100 élèves suivis » par chacun, contre 200 à 350 aujourd’hui !
  • Nécessité de conforter les instituts nationaux de jeunes sourds ou aveugles dans leurs missions et leur statut
  • Développer les passerelles pour construire des parcours de formation adaptés à chaque jeune et aux réalités des différents handicaps, en favorisant notamment les scolarisations partagées et les allers-retours entre établissements spécialisés et milieu ordinaire
  • Faire obligation aux académies de présenter aux conseils départementaux de l’Éducation nationale (CDEN) des mesures d’ajustement des effectifs pour les classes dans lesquelles des élèves bénéficiaires d’un PPS ou d’un PAP sont scolarisés, et prévoir une majoration de la dotation horaire globalisée (DHG) des établissements du second degré accueillant ces élèves
  • Reconnaître la langue des signes française (LSF) comme une langue vivante à part entière et développer partout les pôles d’enseignement pour jeunes sourds (PEJS) dès la maternelle
  • Garantir que les aménagements octroyés en cours de scolarité sont maintenus automatiquement pour les examens
  • Vérifier que les nouvelles formations sur le handicap sont dotées de moyens suffisants pour fournir des bases solides aux enseignants, et qu’elles s’accompagnent des moyens de remplacement nécessaires

Photo (@mattartz

  • Pour lire le rapport dans sa globalité :

http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/inclusion_eleves_handicapes_ecole_universite_ce

  • Voir aussi l’article de M.-E. Pech, paru dans Le Figaro, mardi 30 juillet 2019

« École : l’inclusion des enfants handicapés avance lentement »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/ecole-l-inclusion-des-enfants-handicapes-avance-lentement-20190729

« Inclusion au rabais » Olivia Cattan (France info)

Autisme : « La France fait de l’inclusion au rabais », dénonce la présidente de SOS autisme

Olivia Cattan fait un bilan un an après le lancement d’un plan autisme.

FRANCEINFO

« On va vers l’économie pour les gens les plus vulnérables », a jugé lundi 1er avril sur franceinfo Olivia Cattan, présidente de SOS autisme France, alors que le gouvernement va faire le bilan de son plan autisme lancé l’an dernier. Selon la militante associative, la France « fait de l’inclusion au rabais. On ne peut pas rattraper 40 ans de retard avec des mesurettes et des gadgets », a-t-elle estimé.

France Info : Quatre plans autisme successifs ont été lancés depuis 2005. Rien n’a changé ?

Olivia Cattan : Le discours politique est toujours le même. On nous annonce des chiffres qui ont l’air énormes, on nous dit que tout va bien. On voit chaque année pour la Journée de l’autisme les ministres défiler sur les plateaux de télévision pour dire que ça avance. Et finalement, les familles souffrent sur le terrain. On souffre pour plusieurs raisons. D’abord, on ne trouve pas de médecins pour nos enfants. Puis, au niveau de l’inclusion, il y a toujours 80% des enfants autistes qui ne vont pas à l’école. D’un côté on parle d’inclusion, et de l’autre on met en place des choses comme le PIAL [Pôles inclusifs d’accompagnement localisés], pour dire qu’on va avoir des AVS [auxiliaire de vie scolaire] mutualisés pour faire des économies. On va vers l’économie pour les gens les plus vulnérables. Les familles sont en colère, c’est inacceptable.

Il existe plusieurs sortes d’autisme, est-ce que ça complique la prise en charge ?

Pas du tout, c’est une volonté politique. On a un vrai problème avec le handicap en France. Les Italiens, depuis les années 70, font de l’inclusion. Aujourd’hui 100% des personnes handicapées sont à l’école avec les autres. On leur met des moyens, on ne fait pas de l’inclusion au rabais. La France fait de l’inclusion au rabais. Il faut ne pas laisser les enseignants et les AVS seuls face à des personnes en situation de handicap. D’un côté il y a des parents qui veulent mettre leurs enfants à l’école. Mais de l’autre côté, il faut aussi outiller et former les enseignants et les AVS, on ne peut pas les laisser démunis. Je ne vous parle même pas de l’emploi, puisqu’il n’y a qu’1 à 2% des autistes qui travaillent.

La secrétaire d’État veut que les enfants autistes nés en 2018 aillent tous à l’école maternelle…

Elle parle d’enfants de 0 à 6 ans. Beaucoup de familles ont des adolescents ou des adultes autistes et ils ne savent pas quoi faire de leurs gamins. On ne peut pas dire qu’on va faire des choses pour les autistes à venir, mais qu’on laisse tomber les autistes de plus de 6 ans, les ados et les adultes ! Et on ne peut pas rattraper 40 ans de retard avec des mesurettes et des gadgets : on lance une plateforme pour informer sur l’autisme qui a coûté 1,2 million d’euros, avec ça on aurait pu payer la prise en charge de 60 enfants pendant un an. Pour moi, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.

#pasdevague (Communiqué)

La violence dans les établissements scolaires

Depuis plusieurs semaines, le hashtag « pas de vague(s) » révèle le profond désarroi des professeurs et leur impuissance à endiguer les comportements violents de certains élèves dans les classes. Leurs témoignages ne sont pas orientés contre leurs élèves mais contre l’administration scolaire qui, dans certains cas, semble refuser toute pratique de sanctions, notamment pour les actes violents.

Tandis que les parents de l’AFPEAH découvrent avec effroi les agressions dont peuvent être victimes les enseignants et les élèves au sein des établissements, certains professeurs de notre association constatent également une hausse des « incivilités » et la difficulté à faire cours dans des conditions décentes, ce qui pénalise en dernier ressort tous les élèves.

 

                                           (Photo @Alex-Iby)

Que faire ? Il n’est pas question de s’en tenir aux deux seules positions caricaturales : Compréhension et pseudo bienveillance d’un côté, réaction et démonstration de force de l’autre.

Dire que l’enseignant doit reprendre sa place d’adulte ayant autorité signifie évidemment que l’administration le seconde et appuie ses décisions : là où chef d’établissement et CPE font corps avec les professeurs, le climat scolaire est plus serein, les élèves plus disciplinés et davantage prêts à étudier.

Mais la politique actuelle ne va pas dans le sens de « l’enseignant ayant autorité » : les diplômes sont donnés indépendamment de la réalité du niveau des élèves comme le montre la dernière étude du CNESCO.
Que valent alors les évaluations conçues tout au long de l’année scolaire par les professeurs si les examens nationaux n’ont plus aucun rapport avec le niveau des élèves ? L’un des professeurs de notre association rapporte qu’un de ses élèves en grande difficulté scolaire a néanmoins eu le brevet avec mention Très Bien… Quel regard le parent concerné va-t-il porter sur l’enseignant honnête et consciencieux? Ne mettra-t-il pas en cause son autorité?

 

(http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2018/10/181025_Cnesco_synthese_IDF.pdf page 25).

 

De même, quelle autorité peut avoir un enseignant qui n’a plus la maîtrise des contenus qu’il enseigne, qui n’a plus la maîtrise de sa pratique pédagogique ?  En effet, les nombreuses réformes tendent à imposer des œuvres et des thèmes comme si les enseignants ne connaissaient pas leur métier, comme s’ils n’étaient que de simples répétiteurs.

Quelle autorité peut avoir un enseignant épuisé qui court d’un établissement à l’autre, d’un CDD à l’autre pour boucler ses fins de mois ? A titre d’exemple, il est devenu classique, depuis la fermeture des cursus bilangues, de rencontrer des professeurs d’allemand contraints de se partager sur deux voire trois établissements. Quelle autorité peut avoir un enseignant recruté via Pôle Emploi et qui muni d’une licence de droit se retrouve à enseigner le français en classe de troisième ? Depuis plusieurs années, tout est fait pour décrédibiliser la fonction du professeur, son expertise et ses connaissances. Les réformes permanentes et la communication qui les accompagne présentent les enseignants comme réfractaires au changement. Les parents ont la haute main sur le passage en classe supérieure de leurs enfants et il ne servirait à rien d’étudier puisque le savoir ne serait qu’à une portée de clic sur Wikipedia.

Sur quelles bases les professeurs peuvent-ils alors asseoir leur autorité ?

Dire que le chef d’établissement doit seconder, appuyer les enseignants signifie évidemment que la voix du professeur est prépondérante : dès lors qu’on met en doute sur la parole de l’enseignant, dès lors qu’adultes et enfants sont mis sur un pied d’égalité, il devient impossible de restaurer l’autorité de l’enseignant. Mais comment conforter l’autorité de l’adulte lorsque les mots d’ordre sont  « Bienveillance, médiation, compréhension et estime de soi des élèves » ?

De même, à partir du moment où les établissements sont mis en compétition les uns avec les autres, sont classés en fonction des résultats et du « climat scolaire », il s’avère difficile de faire connaître les actes délictueux, voire criminels qui se passent au sein d’un établissement.

Mais grâce ou à cause des téléphones portables et de la fierté de nos jeunes à adopter des conduites limite, grâce ou à cause des réseaux sociaux, les informations circulent vite et la violence désormais se voit. Il est évident que cette violence est le fruit d’une société qui se délite et n’est pas propre à l’école. Les élèves ont-ils seulement conscience de la gravité de leurs actes ? Rien n’est moins sûr : le jeune  « braqueur »[1] rigole, ses amis aussi sur la vidéo qui a donné naissance au hashtag #pasdevague(s). Or, l’école est un lieu d’éducation et éduquer signifie aussi savoir interdire. Ni les enseignants, ni les élèves n’ont à subir la violence de quelques-uns et le brouhaha permanent quand bien même les violences seraient le résultat d’un malaise social voire d’un état d’infantilisation prolongé. A ce titre, l’on ne peut que constater que l’école dite inclusive, telle qu’elle est conçue, est incompatible avec un climat serein.

La fermeture de certaines classes ou l’évolution des dispositifs spécifiques qui prenaient en charge avec des enseignants formés[2] des élèves ne pouvant suivre les cours ordinaires, le faible nombre de places dans les structures spécialisées comme les IME (Instituts médicaux-éducatifs) qui offraient une scolarité adaptée à des élèves à profils particuliers, voire à des élèves violents et qui travaillaient justement sur le « malaise » de ces jeunes gens, renvoient sans soutien dans les établissements classiques des élèves déboussolés, fragiles, handicapés ou violents, pour lesquels la classe dite ordinaire n’est pas adaptée. Pour ne citer qu’un exemple, dans le Haut-Rhin, 250 familles dont les enfants souffrent d’autisme étaient sur liste d’attente en mars 2018.

Ces économies de bouts de chandelle se paient au prix fort. A cela s’ajoute le manque de surveillants et d’infirmières, alliés précieux des élèves en perdition et de leurs professeurs.

Enfin, la mise en concurrence des territoires, des établissements, des professeurs et des disciplines met à mal les liens de solidarité qui devraient permettre aux adultes de faire front : le marketing, la communication et le pas de vague l’emportent sur l’éducation et l’instruction. Dès lors que vous mettez en concurrence les professeurs via leurs disciplines, problèmes que connaissent bien les professeurs de langues, mais que connaîtront demain tous les enseignants grâce à la réforme du lycée et que vous individualisez les carrières en fonction de critères subjectifs, voire opaques, chaque professeur aura intérêt à offrir de lui-même une belle image de marque professionnelle et à surtout, surtout, ne pas faire de vagues.

Synthèse rédigée par Béatrice Hermesdorf, pour l’Afpeah

 

 

[1] Les deux élèves auraient été exclus définitivement de l’établissement selon le rectorat. Ils devraient être accueillis par de nouveaux établissements avec un suivi éducatif.

[2] Classes d’ULIS ou de SEGPA

Les élèves dyslexiques (Travail de recherche)

Nous vous invitons à participer à ce travail de recherche consacré aux élèves dyslexiques (Master MEEF 1er degré à l’ESPE d’Aix-Marseille)

Le questionnaire est à destination des parents d’élèves dyslexiques ainsi qu’à destination des enseignants ayant des élèves dyslexiques dans leur classe (école-collège-lycée)

 

https://docs.google.com/forms/d/1zjxG-ujQa8IMAxLs_IWSUyYxdcJggOqQA_Fi_PfDJx0/viewform?edit_requested=true

Questionnaire dyslexie

Consultation menée dans le cadre d’un travail entrepris par une étudiante belge: 

  1. Nom, Prénom (si vous ne désirez pas mettre votre nom et prénom un pseudo est possible, il faut juste une distinction de sexe pour ce sondage), âge, localité (ou département)
  2. Où avez-vous étudié (pour votre formation d’enseignant) et depuis combien de temps enseignez-vous ?
  3. Lors de vos études, avez-vous été formé(e) sur les troubles de l’apprentissage et plus particulièrement sur la dyslexie?
  4. Si oui, est-ce que votre formation vous a aidé dans votre classe ?
  5. Avez-vous déjà eu dans votre classe un enfant dyslexique ? Si oui, quelle a été votre réaction face à cet enfant ?
  6. Pensez-vous être capable d’en poser le diagnostic, ou du moins de suspecter la dyslexie et de diriger les enfants vers les aides adéquates ?
  7. Quelle est ou quelle serait votre réaction face à un enfant dyslexique ?
  8. Pensez-vous être capable (ou avoir les moyens) d’aménager votre enseignement pour répondre aux besoins d’un enfant dyslexique ?
  9. Pensez-vous que la formation des futurs enseignants est assez complète et forme suffisamment au diagnostic et à la prise en charge des enfants présentant des troubles de l’apprentissage?
  10. Seriez-vous prêt à vous reformer pour avoir une meilleure connaissance des troubles de l’apprentissage chez l’enfant ?
  11. Dans quelle mesure pensez-vous qu’un enfant présentant des troubles de l’apprentissage doit-il être orienté vers l’enseignement spécialisé ?
  12. Que pensez-vous que l’on pourrait améliorer afin de mieux prendre en charge les enfants présentant des troubles de l’apprentissage ?
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